dimanche 7 décembre 2008

L'Indépendance de la Finlande

Le 6 décembre est fête nationale en Finlande en souvenir d'une indépendance chèrement acquise...

L'Histoire de la Finlande est caractérisée par la lutte d'influence que se sont livrés ses deux grands voisins, la Suède et la Russie. La Finlande fut pendant le Moyen Âge et jusqu'au début du XIXè siècle une partie du Royaume de Suède. Elle passa ensuite sous la souveraineté de la Russie de 1809 à 1917 en tant que Grand-Duché autonome. Les tsars se montrèrent plus ou moins respectueux de cette autonomie, et surtout tentèrent tous, à l'exception notable d'Alexandre II, de russifier cette région. C'est cette autonomie qui fut à l'origine du mouvement pour l'indépendance du pays à partir du XIXe siècle.

Le 6 décembre 1917, profitant des désordres occasionnés par la guerre de 1914-1918 et les Révolutions russes de 1917, la Finlande déclare son indépendance, reconnue par le pouvoir soviétique le 4 janvier 1918. C'est alors le début de la guerre civile finlandaise entre Rouges soutenus par le pouvoir révolutionnaire russe et Blancs alliés à l'Allemagne, commandés par un général finlandais, le baron Carl Gustaf von Mannerheim. Les Blancs l'emportent sur les gardes rouges à Vyborg le 30 avril 1918.

Mais les Finlandais commettent la maladresse de se donner pour roi un prince allemand, Frédéric Charles de Hesse, un mois avant l'armistice du 11 novembre qui allait consommer la défaite de l'Allemagne ! Après la Grande Guerre, le roi doit abdiquer devant l'ire des Alliés. Mannerheim devient régent dans l'attente d'une solution de rechange. Finalement, il s'efface à son tour le 17 juillet 1919 avec la proclamation de la République.

En 1940, Staline met à profit son alliance avec Hitler pour attaquer la Finlande, sans déclaration de guerre préalable.

Après une éprouvante «Guerre d'Hiver», la Finlande s'incline par le traité de Moscou du 12 mars 1940, et cède à Staline la province orientale du pays, la Carélie (celle-ci, aujourd'hui, fait encore partie de la Russie). Mais, dès l'année suivante, elle tente de prendre sa revanche en joignant ses troupes à celles de Hitler dans l'invasion de l'URSS. Encore un mauvais calcul !

Après l'effondrement du nazisme et le triomphe de Staline, la Finlande échappe de peu à une annexion pure et simple par l'URSS. Par le traité de Paris du 10 février 1947, elle recouvre son indépendance, amputée de la Carélie, verse un lourd tribut aux Soviétiques et doit se résigner à subordonner sa politique étrangère à celle de l'URSS en échange de la préservation de ses institutions démocratiques (c'est ce qu'on appellera jusqu'à la fin de la guerre froide la «finlandisation» !).
Territoires cédés à l'URSS en 1947

Depuis le 1er janvier 1995, la Finlande fait partie de l'Union européenne. Petit pays prospère de 5 millions d'habitants sur un territoire grand comme les 2/3 de la France, connu pour ses forêts, ses usines de pâte à papier... et ses téléphones mobiles de la marque Nokia, elle appartient aussi à la zone euro.

mercredi 26 novembre 2008

Swedes and sour grapes

Voici un nouvel article publié dans le numéro de novembre de Six Degrees, un journal finlandais écrit en anglais (article écrit par Tuula Ruskeeniemi). Un bon moyen de mieux comprendre la culture finlandaise tout en faisant travailler son anglais !

Swedes provide the world with furniture puzzles and abba-esque pop music and specialise in endless negotiations. Other than that, they do seem mostly harmless. Unless you are a Finn, when you consider them the Dear Enemy. And "Dear" is sometimes optional.

Swedes conquered us, taxed us, and required us to fight their wars for hundreds of years, after which they surrendered us to the Russians. They also left us with Swedish as the second official language. hence it is every schoolchild's duty to learn Swedish - and loathe it. As a result, it is more likely to get a Finn to sing in Urdu than to make them utter two words of Swedish.

Even if the years under Swedish rule are long past, Finns think that Swedes are still patronising towards us, and treat Finland as the "poor little brother". Actuallt, the latest news is that most of them have forgotten that Finland ever was part of the Swedish realm. How
dare they?! Such a waste of good resentment, too...

Still, they have alwyas been the Gladstone Gander to our Donald Duck - they have got all the luck! We make better phones than they do and have fantastic designers, but whenever the world bothers to think about Nordic countries, Swedes hog the limelight. And nowhere is the luck more obvious than in ice hockey, the true battleground of Swedish-Finnish relations. But we do still have 1995, the year we won the championship against Sweden, and
in Sweden. Oh, sweet memories!

One sometimes wonders whether the popularity of ice hockey actually lies in the fact that, win or lose, Finns get to see Swedes pummelled legitimately. Beating Sweden in anything is a high priority, though. There is a controversial view that when Finland is not playing, we would support Sweden, since they are our neighbours and not such bad hats really, aspecially Princess Victoria (1). However, to many Finns, such a sentiment equal treason.

On the whole, we like Swedes. But we loved it when American talk-show host Conan O'Brien (2) raised a sign in our Honour, stating "Sweden sucks!".

(1) Princess Victoria



(2) Conan O'Brien est un comédien, animateur et scripteur américain.

dimanche 16 novembre 2008

La trilogie finlandaise

Lorsque vous demandez à un Finlandais de résumer en quelques mots son pays, il ya de fortes chances qu'il vous réponde: Sauna, Sisu, Sibelius. Les 3 "S" représentent en effet parfaitement la culture finlandaise. Petite explication de chaque terme...

Tout le monde connaît le sauna. C'est d'ailleurs le seul mot du vocabulaire finnois utilisé internationalement ! Mais les Finlandais n'ont pas la même approche du sauna que nous: en France, on trouve des saunas dans les clubs de gym, presque jamais ailleurs. On y va 5 minutes, juste pour se réchauffer un peu après une séance de natation ou pour se détendre après des exercices de musculation. Bienséance oblige, les gens restent en maillot de bain.

En Finlande, il y a des saunas partout: dans les piscines, dans les hôtels et même dans les immeubles résidentiels (il y en a un dans notre résidence étudiante) et les universités (les élèves du TUT disposent d'un sauna au sein même du campus mais également d'un sauna mobile - imaginez une petite caravane dans laquel jusqu'à 25 étudiants peuvent profiter du löyly, la vapeur du sauna -). En tout, on compte 2 millions de sauna, alors que le pays n'a que 5 millions d'habitants... Les Finlandais y vont très souvent, plusieurs fois par semaine voire tous les jours. La nudité est de mise (le maillot de bain est interdit car la chaleur permet la prolifération de germes...), une serviette permettant de protéger la peau de la chaleur des bancs de bois. Les Finlandais y vont en famille et le fait d'être nu ne semble pas les déranger plus que ça. En outre, aller au sauna est une réelle cérémonie destinée à purifier le corps grâce à la transpiration. Il faut donc procéder par étapes:
1. Prendre une douche pour éliminer la transpiration de la journée
2. Faire une première séance d'environ 10-15 minutes
3. Quand vous avez suffisamment transpiré, sortir du sauna et prendre une douche fraîche
4. Retourner dans le sauna pendant un quart d'heure, puis prendre à nouveau une douche
5. Répéter une dernière fois cette opération. A ce stade, votre transpiration est vierge de toute impureté.
6. Après la dernière douche, il est bon de se détendre un peu avant de se rhabiller, pour mieux ressentir les bienfaits du sauna.


Nous avons déjà parlé du Sisu, expression permettant de résumer le caractère des Finlandais et d'expliquer bon nombre de leurs réactions au quotidien. Le sisu est un mélange de patience, d'ardeur, de placidité, d'obstination et de bravoure. On peut en constater les effets au quotidien: les Finlandais attendent sagement de pouvir traverser la route, ils patientent gentiment devant les distributeurs de billets sans se coller à celui qui retire de l'argent, etc.

Jean Sibelius est sans doute LE compositeur finlandais par excellence. Né en 1865, alors que la Finlande est une province russe, sa musique exhorte le peuple à la résistance. Son oeuvre la plus connue est Finlandia. En 1899, Sibelius composa une musique illustrant en plusieurs tableaux l'histoire du pays. Le dernier tableau, "La Finlande se réveille", est la partie la plus patriotique. Ce n'est que quelques années plus tard que le nom Finlandia est donné à cette oeuvre. Au départ, Finlandia ne contenait pas de chants. Cependant, la guerre d'hiver de 1939 contre la Russie inspira des paroles au poète Koskenniemi. Depuis, Finlandia est devenu l'hymne finlandais officieux et surtout un symbole des nombreuses luttes du pays pour son indépendance.

Voici les paroles de Finlandia:

Finland, behold, thy daylight now is dawning,
the threat of night has now been driven away.
The skylark calls across the light of morning,
the blue of heaven lets it have its way,
and now the day the powers of night is scorning:
thy daylight dawns, O Finland of ours!

Finland, arise, and raise towards the highest
thy head now crowned with mighty memory.
Finland, arise, for to the world thou criest
that thou hast thrown off thy slavery,
beneath oppression´s yoke thou never liest.
Thy morning´s come, O Finland of ours!


Vous trouverez un extrait de Finlandia en cliquant sur le lien suivant: Finlandia

jeudi 13 novembre 2008

A la découverte du finnois : l'harmonie vocalique - vokaalisointu

L'alphabet finnois comporte 8 voyelles :
a, qui équivaut un peu au â français
e, qui se prononce [é]
i, [i]
o, [o]
u, qui se prononce [ou]
y, qui se prononce [u]
ä, qui est un a très ouvert (le in ch'ti mais avec un a...)
ö, qui se prononce [eu]

Et maintenant, essayez de prononcer les mots et expressions suivants :
- pyörä (vélo)
- pöytä (table)
- kynä (stylo)
- Nähdään huomenna ! (à demain)

Maintenant que vous lisez parfaitement le finnois, nous allons aborder une règle importante et très utile : l'harmonie vocalique.

Les voyelles a-o-u ne peuvent cohabiter avec les lettres ä-y-ö dans un même mot. Par contre, les lettres e et i acceptent toutes les autres voyelles.

Comme vous le savez, le finnois est une langue agglutinante, c'est-à-dire que les prépositions se traduisent par des désinences (il y a 15 cas en finnois !). Par exmple, la proposition "dans la voiture" se traduit par autossa ou -ssa signifie "dans". L'harmonie vocalique nous impose donc -ssa et non -ssä... Vous comprenez ? A contrario, "à Helsinki" se traduit par Helsingissä, et non Helsingissa...

Etant donné que la grammaire finnoise ne fonctionne qu'avec des cas et des désinences, il est impératif de connaître la règle de l'harmonie vocalique.

Voici un moyen pratique de s'en souvenir. Imaginez que parmi les voyelles, il y en a qui sont très timides: ce sont les lettres ä, ö et y. D'autres sont très extraverties : ce sont les lettres a, o et u. Les lettres restantes ne sont ni timides ni délurées, elles savent s'adapter (e et i). Evidemment, les lettres timides ne veulent pas se rapprocher des lettres extraverties et donc elles fuient les mots dans lesquels elles apparaissent. Seules des voyelles extraverties ou neutres oseront être dans ces mots-là... S'il n'y a que des voyelles neutres dans un mot, alors les voyelles timides apparaissent (elles ont uniquement peur des voyelles délurées).

Petit exercice d'application : trouvez la voyelle manquante, en respectant l'harmonie vocalique...
kes_ (été) : a ou ä ?
_stävä (ami) : u ou y ?
y_ (nuit): o ou ö ?

lundi 27 octobre 2008

Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous... :)

Comment continuer ce blog sans une petit pensée pour nos amis cheminots... Nous n'avons pas encore tenté l'expérience des trains finlandais, mais cela ne saurait tarder.
D'après les premières informations glanées çà et là, nous avons appris que les trains finlandais étaient rarement, mais alors très rarement en retard.

Le réseau des chemins de fer de Finlande couvre quelques 6 000 km, joignant entre elles les principales villes du pays : Helsinki, Tampere, Turku, Vaasa, Oulu, Joensuu. En Laponie, le réseau ne dépasse pas Rovaniemi, Kemijärvi et Kolari.
A première vue, les trains finlandais paraissent toutefois assez anciens et plutôt lents. Leur apparence est plus proche de nos Trains Express Régionaux (le petit gris entre Paris et Mantes) que du TGV-Est "Christian Lacroix" dernière génération, dont les sièges sont certes très beaux mais difficiles à entretenir !Un Tampere-Helsinki (187 km) met 1h30 à 2h30 pour relier les 2 villes. Le système ressemble à celui de la Trenitalia, c'est-à-dire que le prix du billet dépend du train que vous empruntez, et donc du temps de parcours.

Il est possible de rejoindre Rovaniemi (713 km), pour passer la commande de Franky au Papa Noël, en prenant un train de nuit : départ 21:42 de Tampere, arrivée 7:53 à Rovaniemi.

Toute personne présentant sa carte d'étudiant bénéficie d'une remise de 50% sur le prix de son billet... sans dépenser 50 € chaque année :)

Pour plus d'informations, vous pouvez visiter le site www.vr.fi, "site très complet extrêmement pratique pour bâtir votre itinéraire" selon Le Petit Fûté !

Tampereen Rautatieasema

jeudi 16 octobre 2008

Hullut päivät Stockmannilla

En France, nous avons le Printemps, les Galaries Lafayette, le Bon Marché... En Finlande, les grands magasins ont pour nom Sokos et Stockmann. La semaine dernière, nous avons eu un petit apercu du marketing commercial à la finlandaise...
En effet, du mercredi 8 au samedi 11 octobre, le magasin Stockmann de Tampere organisait l'opération Hullut päivät, les jours fous. A cette occasion, le magasin avait vu les choses en grand et tout jusqu'au moindre détail avait revêtu la couleur de l'événement, le jaune: sacs, étiquettes, T-shirt des vendeurs et vendeuses... Même les beignets étaient recouverts d'un glacage jaune et brun imitant les yeux du petit personnage du logo! Dans la série gadgets en tout genre des ballons étaient allègrement distribués (voir photo ci-dessous). Stockmann avait aussi garé devant le magasin une "baraque" à beignets et pâtisseries (odeur de graillon garantie).

Il était impossible de manquer l'événement tant il était promu - panneaux publicitaires dans un rayon de 30 m, hommes-sandwich se baladant dans les rues...

Et les Finlandais ont mordu à l'hamecon... Notre appartement donne sur une rue perpendiculaire à la Häameenkatu, la rue principale de la ville sur laquelle est implanté Stockmann (le magasin est à 50 m de chez nous). De notre fenêtre, nous assistions stupéfaits à un défilé incessant de sacs jaunes - chaque passant en avait bien 4 (comme sur cette photo prise l'année dernière à Helsinki).

Étant donné que Stockmann est un magasin plutôt chic et cher, nous étions un peu intrigués par cette frénésie. Afin de percer le mystère entourant cet évènement - les Finlandais ont-ils donc un pouvoir d'achat 100 fois supérieur au nôtre ? -, il ne nous restait qu'une chose à faire: tenter de pénétrer dans le magasin.

Les portes franchies, nous voici au beau milieu d'une nuée d'acheteurs farfouillant avec ardeur dans les bacs où ont été déposés les produits soldés. Petite anecdote, le magasin avait édité un catalogue spécial répertoriant les offres promotionnelles, différentes chaque jour. Eh oui, comme ca, vous pouvez venir tous les jours et avoir à chaque fois des réductions sur des produits différents - et rentrer tous les jours chez vous avec 4 sacs.
Nous franchissons avec difficulté le stand de beignets - ceux avec les yeux du logo - et celui des bonbons (3,99 € le kilo...). Dans tous les rayons, la même cohue. Les mères de famille n'hésitent pas à venir avec leur poussette, malgré le bruit et le manque d'espace.

D'ailleurs, cette foule dense devait être déboussolante pour nos amis finlandais avides d'espace et de silence. Néanmoins, ils ont appliqué à la lettre un de leurs principes: les autres n'existent pas. Il ne faut donc pas s'étonner de voir des gens s'arrêter tout d'un coup alors que vous les suivez de près ou vous bousculer sans même vous regarder. Et il ne faut pas considérer ca comme de l'impolitesse.

Contrairement à l'immense majorité des clients, nous sommes sortis sans avoir dépensé un centime et sans avoir non plus percé le mystère du porte-monnaie toujours rempli des Finlandais... L'enquête continue.

mercredi 15 octobre 2008

Les pays nordiques réticents vis-à-vis de l'UE ?

Les pays nordiques sont souvent perçus comme étant hésitants à l’égard de la construction européenne. Si certains de ces Etats ont effectivement adhéré à l’Union Européenne (Danemark, Suède, Finlande), d'autres (Islande, Norvège) ont fait le choix de ne pas la rejoindre, tout en concluant des accords spécifiques avec l’Union… Y a-t-il donc une réticence "eurosceptique" spécifiquement nordique ? Auquel cas, sur quoi se fonde-t-elle ?

Les pays de l’espace nordique ont tous eu des comportements différents à l’égard de la construction européenne.
La situation à l’heure actuelle :
La Finlande, qui a exercé la présidence du Conseil de l’Union durant le dernier semestre 2006, reste, aujourd’hui, le plus intégré et le plus "européanisé" de tous les pays nordiques… Mais d’autres entretiennent des rapports plus ambigus avec l’Europe.

C’est le cas de la Suède, qui a refusé la monnaie unique par référendum en 2003 ou de façon plus accentuée encore, de la part du Danemark, qui avait initialement refusé le traité de Maastricht par référendum et qui, lui aussi, ne fait pas partie de l’union monétaire européenne…

Quant à l’Islande et à la Norvège, leur position à l’égard de l’Union européenne reste très particulière : ces deux pays étant très proche de l’Union, sans toutefois en être membres.


L'Histoire d'une réticence :


Dès les années 1960, le Danemark, la Suède, l’Islande et la Norvège avaient participé au lancement de l’AELE (Association Européenne de Libre Echange), projet alternatif à la CEE de l’époque : une zone douanière ne concernant que certains produits et n’envisageant pas de se transformer en projet politique.

Avec la démonétisation progressive de l'AELE au début des années 1990, ses pays membres allaient soit rejoindre les rangs de l’Union, comme ce fut le cas pour le Danemark en janvier 1973, ainsi que pour la Finlande et la Suède en janvier 1995, soit conclure avec elle des accords bilatéraux : dans le cadre de l’EEE (Espace Economique Européen), comme ce fut le cas avec l’Islande et la Norvège.

Ces accords permettent d’inclure les pays signataires au marché unique, de leur étendre le principe de libre-circulation (de personnes, des capitaux, des marchandises et des services) et de les associer à de nombreux programmes communautaires (notamment en matière d’éducation). En contrepartie, les États en question se doivent d’adopter l’acquis communautaire pour les domaines techniquement couverts par l’accord.

Ces accords font que la Norvège et l’Islande sont en fait aujourd’hui très proches de l’Union sans en être membres. Néanmoins, les norvégiens ont refusé par deux fois l’adhésion (53,5% en 1972 et 52,3% en 1994).

Aujourd’hui, même si les opinions favorables à l’adhésion semblent gagner du terrain dans l’opinion publique norvégienne, il semble que les hommes politiques norvégiens favorables à l’adhésion restent relativement discrets. Après les "échecs" référendaires de 1972 et de1994, aucun gouvernement norvégien ne se lancera désormais plus dans une troisième consultation populaire s’il n’est par avance vraiment assuré de pouvoir l’emporter cette fois-ci.

En revanche, en Islande, la question d’une éventuelle adhésion à l’Union Européenne n’a pas encore captivé l’opinion publique. Le débat a été inhibé pendant longtemps par le très respecté Premier Ministre islandais, Davis Oddson, qui faisait partie des "eurosceptiques". Néanmoins, plusieurs indices laissent à penser qu’en Islande les opinions favorables à l’adhésion gagnent aujourd’hui du terrain.

Les raisons de la réticence nordique :

La réticence des États nordiques à l’égard de la construction européenne semble être le résultat d’une véritable culture locale de l’indépendance. Pour ces pays (Norvège, Islande), l’adhésion au projet européen équivaudrait donc à une perte de souveraineté et à une perte d’indépendance au profit d’une structure européenne perçue comme bureaucratique centralisée.

De plus, ces pays s’inquiètent pour leur agriculture, pour leur pêche et craignent que leur éventuelle future "mise au diapason européen" ne soit très couteuse en termes d’emplois, de qualité de vie et de qualité de la production. C’est pourquoi ils souhaiteraient pouvoir disposer d’exemptions similaires à celles dont ont récemment bénéficié leurs voisins finlandais et suédois lors de leur adhésion (régime spécial d’ "agriculture arctique" leur ayant été concédé en tant qu’exemption spécifique à la PAC)
.

Conclusion :
L’option politique la plus réaliste à court et moyen terme reste la poursuite de la participation de ces deux pays à un processus d’intégration européenne, sans adhésion. Une situation qui n’est pas dénuée d’inconvénients pour les États en question. Puisqu’en refusant l’adhésion, les deux États ne font en fait que subir les politiques communautaires et leurs normes de droit sans même être en mesure de vraiment pouvoir les influencer.